Nos aventures d’investissement dans les marchés émergents

Thaïlande : « Le pays des sourires »

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Certes, la Chine et l’Inde sont les deux géants économiques de l’Asie, mais le continent abrite bien d’autres pays possédant un fort potentiel de croissance. Les pays du Sud-Est asiatique offrent également des opportunités d’investissement très intéressantes. La Thaïlande, aussi connu sous le nom de « Pays des sourires » en raison de sa beauté naturelle et de la sympathie de sa population, présente par exemple des perspectives économiques qui pourraient, à juste titre, donner le sourire aux investisseurs.

Se battre et sourire

Contrairement aux autres pays du Sud-Est asiatique, la Thaïlande (appelée Siam jusqu’en 1939) est parvenue à échapper au diktat colonial européen. Mais pas au point d’échapper à toute influence occidentale, ni à des conflits internes. Coups d’État, manifestations et autres prises de pouvoirs par les militaires ont à plusieurs reprises déclenché des mouvements sociaux et des fluctuations économiques au cours de son histoire. Les responsables politiques actuels ont encore du mal à fédérer les forces en présence et à réformer la constitution (élaborée en 2007 sous le régime militaire).

Le pays a été confronté à d’autres difficultés comme la crise financière de la fin des années 1990, le raz de marée de 2004 et les inondations dévastatrices de 2011. Ces événements ont tous fait dérailler l’économie thaïlandaise, mais le pays sait faire face à l’adversité (pas étonnant pour un pays dont le sport national est le kickboxing ou muay-thai).

Preuve de l’état d’esprit des thaïlandais, l’effondrement de la croissance économique en 2011 (retombée à 0,1 %) après les inondations, suivi d’un rebond très rapide. Bien que les prévisions actuelles diffèrent légèrement, la banque centrale de Thaïlande a relevé sa prévision de croissance du PIB à 5,9 % pour 2012, celle pour 2013 s’établissant à 4,9 %. Selon les autorités, cette embellie des perspectives est due à une accélération des investissements du secteur privé.

Dans le sillage de la vigueur de l’économie intérieure, le marché actions thaïlandais a enregistré l’une des plus fortes progressions parmi les bourses asiatiques (voire mondiales) en 2012 ; l’indice de référence de la Bourse de Thaïlande (SET) s’est inscrit en hausse de plus de 35 %[1]. Selon les dernières données disponibles, la croissance des prêts a été particulièrement favorable aux actions des banques. Fait intéressant, ces deux dernières années, certaines banques européennes, en proie à la crise de la dette dans leur région, se sont retirées des marchés émergents ; ce départ a semble-t-il profité aux établissements de prêt locaux. Le secteur de la construction a également connu une année positive. En effet, l’accélération des projets d’infrastructure pourrait accroître la demande en matériaux de construction.

Exploiter le potentiel de l’essor de la classe moyenne

Lorsque la Thaïlande a traversé des épisodes compliqués ces dix dernières années, certains ont remis en cause nos investissements dans le pays. Notre philosophie d’investissement consiste à sélectionner au cas par cas des sociétés possédant un potentiel de valorisation à long terme, et non en utilisant les pondérations des indices ou les résultats d’une analyse macroéconomique top-down. Au cas par cas, nous sélectionnons les sociétés qui peuvent non seulement survivre aux phases baissières mais aussi en sortir renforcées, que ce soit en Thaïlande ou dans n’importe quel marché émergent.

Toutefois, plusieurs de nos investissements reflètent aussi certaines grandes thématiques macroéconomiques. Par exemple, nous pensons que la croissance des marchés émergents entraînera probablement une hausse durable des marchés des matières premières. De même, selon nos calculs, l’augmentation du niveau de vie des ménages et l’émergence d’une vaste classe moyenne devraient doper la demande des consommateurs. La conjoncture économique de nombreux pays émergents est selon nous bien plus robuste que celles de la plupart des pays développés.

Grâce à ses moteurs traditionnels (ressources naturelles, dynamisme du secteur industriel, productivité du secteur agricole et tourisme florissant), le potentiel de croissance de la Thaïlande reste intact. Les exportations, notamment les machines, les composants électroniques, les matières premières agricoles et la joaillerie, ont un poids économique important et représentent plus de la moitié du PIB thaïlandais.[2] Premier exportateur mondial de riz et caoutchouc, le pays produit plus d’un tiers des ordinateurs et des disques durs à l’échelle mondiale. Même si elle importe une part importante de ses besoins en énergie, la Thaïlande possède des réserves de gaz naturel offshore plus qu’honorables.

Stimuler l’économie intérieure

Le gouvernement thaïlandais a mis en œuvre diverses mesures de relance ; l’augmentation du salaire minimum pourrait par exemple accroître les revenus des ménages et renforcer l’impact de l’économie intérieure sur la croissance du pays. Les allègements fiscaux accordés aux entreprises devraient également doper l’activité des entreprises et la croissance intérieure.

Attirer des investisseurs sur son marché est tout aussi important pour la Thaïlande. La Bourse de Thaïlande (SET) se développe rapidement et ambitionne de devenir l’un des plus grands marchés de capitaux de la région. L’année dernière, plusieurs facteurs ont aiguisé l’appétit des investisseurs : des introductions en bourse très bien valorisées, l’instauration de nouvelles connexions électroniques de marché, une explosion des opérations de fusions-acquisitions des sociétés thaïlandaises et un assouplissement des règles régissant la cotation des actions.

La Thaïlande a néanmoins souffert d’importants troubles politiques, déclenchés notamment par les luttes de pouvoir entre l’élite minoritaire au pouvoir et la population rurale, largement majoritaire. Ces conflits constituent à coup sûr un risque d’investissement. En tant qu’investisseurs, nous essayons de garder notre objectivité mais aussi de contribuer au renforcement du cadre financier du pays, si nous estimons que les orientations prises ne vont pas dans la bonne direction.

De plus, en tant que partenaire commercial majeur d’économies asiatiques en plein développement, la Thaïlande devrait bénéficier de la poursuite du boom des marchés émergents. Les valorisations des actions thaïlandaises nous semblent toujours attractives (nous sommes au début février 2013), mais leur progression pourrait être entravée par divers obstacles qu’il conviendra de surveiller attentivement. Néanmoins, globalement, nous pensons qu’il y a de nombreux motifs à « sourire » pour les investisseurs présents en Thaïlande.



[1] Source : Bloomberg LLP. Coté à la Bourse de Thaïlande, le SET est un indice pondéré par la capitalisation boursière.  Les performances passées ne préjugent en rien des performances futures. Les indices ne sont pas gérés et il est impossible d’y investir directement.

[2] Source : CIA, The World Factbook, 2013.

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