Nos aventures d’investissement dans les marchés émergents

Bilan sur les marchés émergents au premier semestre

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Au premier semestre, la croissance économique mondiale n’a pas été très encourageante, mais de nombreux investisseurs ont néanmoins renforcé leurs investissements sur les marchés actions, dont certains ont atteint des plus hauts records. Maintenant que le premier semestre s’achève, il semble opportun de faire le point sur les marchés émergents et d’évaluer la pertinence de notre pronostic.

Plusieurs marchés frontières et émergents, notamment les Philippines, l’Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam en Asie du Sud-Est, ont enregistré des performances solides ces derniers mois. D’autres pays émergents ont affiché des performances particulièrement robustes, portés par leur situation macroéconomique favorable qui a attiré des flux d’investissements importants. Étant donné que les rendements de certains actifs perçus comme des investissements sûrs sont proches de points bas record, l’attrait des actifs offrant des rendements supérieurs mais aussi plus risqués, comme les actions émergentes, n’a cessé de grandir.

Bien évidemment, nous avons également essuyé quelques déceptions. Certains grands marchés émergents, comme l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Russie, la Chine et le Brésil, ont cédé du terrain entre janvier et avril. L’abaissement des prévisions de croissance du PIB n’a en effet pas été très favorable et les pays dotés d’importantes matières premières ont été doublement touchés : la dégradation des perspectives a en effet pesé sur les prix des matières premières, tandis que la hausse des coûts de production malmenait certains acteurs des secteurs énergétique et minier. De plus, le sentiment des investisseurs s’est dégradé en Corée du Sud en raison des menaces provenant de la Corée du Nord et des craintes qu’une dévaluation du yen orchestrée par les autorités japonaises ne pénalise les exportateurs sud-coréens. En Chine, les autorités ont durci leur politique monétaire et restreint les achats de biens immobiliers afin d’enrayer la hausse des prix dans le secteur. En outre, l’évolution de la situation politique et boursière au Brésil, en Inde et en Russie laisse penser que les autorités s’orientent vers des politiques moins favorables aux actionnaires. Au Brésil par exemple, le gouvernement réclame d’importantes sommes à de grandes entreprises.

D’après mon équipe, la plupart des difficultés qui ont pesé sur la performance des principaux marchés émergents ces derniers mois ne devraient pas avoir un impact durable. Les tensions dans la péninsule coréenne ont tendance à varier au fil du temps et nous pensons que les risques de voir la situation dégénérer en véritable conflit sont très minces. Selon nous, la faiblesse du yen ne devrait pas peser durablement sur la performance des exportateurs sud-coréens. De plus, les mesures prises en Chine pour apaiser les marchés immobiliers doivent être replacées dans le contexte de croissance soutenue et considérées comme un moyen d’orienter l’économie vers des modèles de croissance plus viables. Certains dispositifs coûteux à court terme pourraient finir par porter leurs fruits à long terme, comme les mesures anti-corruption qui ont réduit la demande de produits de luxe durant le nouvel an chinois. En Russie, les valorisations exceptionnellement attractives compensent les problèmes liés aux droits des actionnaires. Parallèlement, l’orientation globale de la politique en Inde et au Brésil reste favorable au marché. Surtout, nous pensons que le repli récent du secteur des matières premières ne devrait pas s’inscrire dans le long terme.

La croissance des marchés émergents

Malgré l’abaissement des prévisions de croissance du PIB à court terme, nous anticipons toujours un redémarrage de la croissance courant 2013, l’année 2012 marquant ainsi un point bas. De plus, les pays émergents devraient globalement enregistrer une croissance en 2013 qui, à plus long terme, devrait être largement supérieure à celle des pays développés. Une croissance aussi soutenue pourrait non seulement stimuler la demande de matières premières, mais aussi se traduire à terme par une augmentation de la rentabilité des entreprises et de leurs valorisations. L’industrialisation et l’urbanisation des pays émergents devraient alimenter encore davantage la demande de matières premières, ce qui pourrait faire grimper les prix à long terme.

Dans de nombreux pays émergents, la progression du secteur des matières premières, la hausse des exportations et le développement des infrastructures pourraient rester des moteurs de croissance importants, mais à terme, la croissance pourrait dépendre de plus en plus de facteurs locaux. En effet, avec l’enrichissement des ménages, les consommateurs de classe moyenne sont de plus en plus nombreux et de mieux en mieux informés, et leur demande permet à l’activité économique du pays de se développer. Par ailleurs, grâce à un endettement largement inférieur à celui de leurs homologues des pays développés, les ménages des pays émergents sont davantage en mesure de stimuler la demande. De plus, les facteurs démographiques y sont généralement plus favorables. Avec une part relativement élevée de la population entrant sur le marché de l’emploi et une proportion relativement faible de personnes dépendantes, la démographie des pays émergents contribue à renforcer la demande de consommation. Même dans des pays comme la Chine, où la démographie est clairement moins favorable, les gains de productivité dus au transfert de la main-d’œuvre de l’agriculture vers les secteurs manufacturier et des services ont toujours un impact positif sur la croissance et la demande intérieure.

Marchés frontières : les marchés émergents du futur

Ces « marchés émergents du futur » bénéficient d’une croissance solide grâce à des effets de base limités, à des ressources naturelles et humaines abondantes, à la possibilité de gains faciles favorisés par des réformes de marché et à l’utilisation de nouvelles technologies dans des économies aux salaires relativement bas. Par rapport à leurs homologues émergents plus matures, les marchés frontières sont plutôt délaissés par les analystes et nous pensons que ce manque de connaissances pourrait conduire les investisseurs à les sous-évaluer et créer des anomalies de valorisation, que nous pourrions chercher à exploiter avec l’appui de nos nombreuses ressources en recherche. De nombreuses opportunités existent sur les marchés frontières du monde entier, mais l’Afrique, qui en compte en abondance, représente selon nous une destination d’investissement intéressante que nous suivons avec un intérêt tout particulier.

Nous sommes toujours conscients des risques pesant sur les marchés mondiaux, y compris sur les marchés émergents, du fait de la fragilité de la croissance économique mondiale, des problèmes de dette et de l’existence de différents risques géopolitiques, plus particulièrement en Corée, en mer de Chine méridionale et au Moyen-Orient. Cependant, alors que nous intégrons les considérations macroéconomiques dans notre processus d’investissement, notre objectif central est de construire des portefeuilles en sélectionnant les actions qui, d’après notre analyse, sont très sous-évaluées par rapport à leur potentiel à long terme.

Mon pronostic : certains marchés semblent présenter des faiblesses en ce moment, mais plusieurs catalyseurs pourraient les relancer.

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