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Les Brésiliens sont dans la rue et clament leur droit à être entendus

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Les Brésiliens sont dans la rue et clament leur droit à être entendus. Les motifs d’insatisfaction se sont succédés, commençant par des plaintes contre l’inflation (hausse des tarifs des bus et du métro) pour donner lieu à des manifestations de grande ampleur contre la corruption, les défaillances des services publics et la lourdeur des impôts. Certains investisseurs ont été impressionnés par ces tensions teintées d’incertitude et n’ont plus confiance envers le marché brésilien. Après avoir discuté avec nos analystes sur le terrain, j’ai eu envie de vous donner mon sentiment sur la situation.

Le peuple brésilien exprime son mécontentement par rapport au gouvernement, ce qui entraîne parfois des confrontations violentes avec les forces de police. Plus d’un million de personnes sont descendues dans la rue le 20 juin pour défendre un certain nombre de causes sociales et politiques ; ces manifestations gênantes n’ont pas cessé, mais de façon générale, elles se déroulent dans le calme. La Présidente Dilma Rousseff a tenté de désamorcer la fronde en rencontrant les leaders des manifestations et des représentants des autorités locales, tout en appelant les Brésiliens à ne pas recourir à la violence. 

Une partie des manifestants proteste contre l’accueil de la Coupe de football des Confédérations, une sorte de « répétition » de la Coupe du Monde de la FIFA Brésil 2014™. En effet, la population regrette les dépenses d’infrastructures réalisées pour ces évènements sportifs au détriment d’investissements d’intérêt social. 

Les représentants des autorités essaient de répondre aux inquiétudes des manifestants, bien que la question soit complexe et que les réponses ne soient jamais toutes blanches ni toutes noires en ce qui concerne la « meilleure » action à mener pour le bien-être économique à long terme du pays – ou pour les investisseurs. 

Certes, il est toujours plus facile de juger une décision politique vu de l’extérieur. Il est clair que les responsables politiques prennent très au sérieux la réaction de la population et font preuve d’une grande rigueur en examinant les points de discorde, comme la hausse des tarifs réglementés. Certaines entreprises au Brésil peuvent agir comme elles pensent qu’elles le doivent pour leur propre survie, mais pour l’heure, il est vrai que l’environnement politique est difficile. 

Troubles et changement

Le changement peut se faire dans la douleur, comme le Brésil vient d’en faire l’expérience. Si les manifestations continuent, leur impact à court terme sur l’économie sera certainement négatif, sachant que le 27 juin, la Banque centrale brésilienne a baissé sa prévision de croissance 2013 à 2,7 %, contre 3,1 % précédemment, invoquant l’instabilité comme un facteur de risque. Bien sûr, nous préférerions une croissance plus solide, mais ce qui nous inquiéterait le plus, ce serait de constater une transition plus pérenne délaissant le modèle d’économie de marché, qui correspond à davantage de privatisation. De manière générale, nous pensons que les autorités ne vont pas dans le bon sens avec leurs interventions dans le secteur privé, ce qui a toujours constitué un motif d’inquiétude à nos yeux. Toutefois, nous sommes convaincus que le Brésil peut régler ses problèmes au bénéfice de ses marchés, de son économie et de sa population. 

On ne peut pas nier que les individus et les entreprises ont besoin de services publics efficaces pour fonctionner correctement : dans ce domaine, nous trouvons donc que l’action des manifestants est plutôt encourageante, parce qu’en effet, le Brésil peut mieux faire et pourrait même enregistrer des taux de croissance plus rapides que l’année dernière en faisant des progrès sur ce front. Les mouvements de protestation comme ceux que nous avons observés au Brésil, mais aussi dans d’autres pays, peuvent parfois donner lieu à des tragédies malheureuses, mais ils traduisent aussi l’avènement des nouvelles technologies dans nos sociétés. Avec Twitter, les téléphones portables et toutes les autres formes de communication électronique, les populations peuvent exprimer leur sentiment envers la classe politique et piloter un changement positif. 

Nous sommes toujours convaincus du potentiel du Brésil, et la situation ne nous empêchera pas de continuer à y chercher des opportunités d’investissement.

 

Informations juridiques importantes (IAS)

Les commentaires, opinions et analyses du Dr. Mobius sont communiqués à titre d’information uniquement ; ils peuvent être modifiés sans préavis et ne sauraient être considérés comme un conseil d’investissement individuel ou comme une recommandation d’investir dans un quelconque titre ou d’adopter une quelconque stratégie d’investissement. Les informations contenues dans ce blog ne constituent pas une analyse complète des évènements survenant dans les divers pays, régions ou marchés. Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. Les valeurs mobilières étrangères véhiculent des risques spécifiques, comme les fluctuations de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique. Ces risques sont plus élevés sur les marchés émergents, qui présentent également des risques liés à leur taille plus réduite, à leur liquidité inférieure et ainsi que des cadres juridique, politique, commercial et social insuffisants pour contribuer au développement des marchés boursiers.

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