Nos aventures d’investissement dans les marchés émergents

Contenu social – Examiner les entreprises à travers le prisme des critères « ESG »

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Peu importe où nous investissons, il y a toujours un risque : que ce soient les facteurs géopolitiques ou macroéconomiques d’un pays donné, mais aussi des problèmes spécifiques à un secteur ou un titre précis. En tant qu’adeptes de la sélection de valeurs bottom-up, mon équipe et moi-même devons évaluer le potentiel de risque et de performance de chaque entreprise dans laquelle nous investissons. À ce titre, les problématiques d’environnement, de société et de gouvernance (ESG) peuvent jouer un rôle important dans notre processus de sélection des valeurs et de valorisation.

 

Dans le cadre de notre processus de recherche, le Templeton Emerging Markets Group évalue les opportunités de marché d’une entreprise, son positionnement concurrentiel, la solidité de son management, sa rentabilité financière et sa valorisation. Les problématiques ESG peuvent influencer plusieurs de ces facteurs. En règle générale, l’approche d’investissement basée sur ces critères n’inclue pas de filtre rigoureux excluant automatiquement un titre en particulier. Les problématiques sont prises en considération si et lorsqu’elles ont un impact sur le profil de risque et de performance d’une opportunité d’investissement, au même titre que d’autres critères relatifs à l’entreprise ou au secteur, comme les perspectives de croissance future ou la demande du marché.

 

Quelles peuvent être ces problématiques ESG ? Elles peuvent par exemple porter sur la pénurie de ressources naturelles, sur l’élimination de déchets dangereux, sur la sécurité des produits, sur les pratiques d’hygiène et de sécurité des employés ou sur les droits des actionnaires.

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Lorsque nous procédons à une analyse des entreprises au cas par cas, nous évaluons certains aspects globaux parmi lesquels la qualité des équipes dirigeantes, la gouvernance d’entreprise, le positionnement concurrentiel, la structure de l’actionnariat et l’engagement à créer de la valeur pour les actionnaires. Ces aspects recoupent les critères ESG. Nos analystes organisent généralement 2 500 à 3 000 réunions de recherche par an, rencontrent les dirigeants des entreprises, visitent leurs locaux et discutent avec les fournisseurs, les clients et les concurrents. Ces réunions nous permettent d’adopter plusieurs points de vue sur une entreprise et de fournir à la fois des informations générales et plus détaillées sur de nombreux facteurs (y compris les facteurs ESG) qui autrement auraient pu passer entre les mailles du filet.

 

Dans les pays émergents, la réglementation et l’exécution de thèmes liés à la corruption, à la gouvernance d’entreprise, à l’environnement et à d’autres problématiques sociales peuvent être encore en cours d’évolution. Toutefois, au fur et à mesure qu’un pays se développe, ces protections ont généralement tendance à devenir à la fois plus complètes et appliquées plus rigoureusement. Par conséquent, nous pensons que les entreprises qui affichent aujourd’hui des états de service solides en termes de gouvernance (ce qui peut influencer la gestion des problématiques environnementales et sociales) sont peut-être mieux préparées pour l’avenir et, par conséquent, peuvent fournir un meilleur argumentaire d’investissement. Ainsi, selon nous, des politiques environnementales inadaptées ont non seulement un impact négatif sur la gouvernance d’entreprise existante, mais en outre elles n’augurent rien de bon pour la compétitivité future de cette société.

Compte tenu de l’importance de la gouvernance d’entreprise dans l’évaluation des opportunités d’investissement, nous sommes particulièrement sensibles à une culture solide et à un historique de comportements éthiques en affaires dans le style de management de l’entreprise. Nous analysons les structures actionnariales, l’historique des équipes dirigeantes et des politiques de gouvernance d’entreprise, ainsi que l’engagement de la société à créer de la valeur pour l’actionnaire. Par ailleurs, nous recherchons des managers qui connaissent bien leur activité, ont de l’expérience dans leur domaine d’activité et sont convenablement rémunérés par le biais d’avantages tels que des stock-options. Nous sommes également attentifs à la capacité d’adaptation du management à une évolution rapide des conditions d’activité. Ainsi, en Thaïlande, du milieu à la fin des années 1990, lorsque les marchés se sont effondrés et que la confiance des investisseurs était au plus bas, nous avons pu prendre la mesure d’une équipe dirigeante qui garde le cap et des mesures prises alors pour surmonter la crise.

Dans le cadre de notre processus de recherche, nous sommes très attentifs aux possibles problèmes de gouvernance d’entreprise et parfois nous n’hésiterons pas à nous opposer activement au management pour défendre les intérêts de nos investissements. Non seulement nous nous montrons proactifs vis-à-vis du contrôle des pratiques de gouvernance d’entreprise, mais nous surveillons aussi des critères comme la relation entre une entreprise et son auditeur, et des transactions entre parties liées, car ces sujets peuvent révéler une gouvernance inadaptée.

 

Nous faisons grand cas de la qualité du management, car l’incompétence peut être extrêmement préjudiciable. En conséquence, lorsque nous étudions une entreprise, nous cherchons non seulement à rencontrer le management et à visiter les locaux, mais également à discuter avec les fournisseurs, les clients et les régulateurs. Les informations collectées lors de ces réunions peuvent être déterminantes pour comprendre l’entreprise et la qualité de son management. Ainsi, une entreprise régulièrement en défaut de paiement avec ses fournisseurs peut mal gérer sa trésorerie.

 

Les risques sont omniprésents, mais en les examinant et en les connaissant bien, et avec les efforts de toute l’équipe, nous pouvons mieux déterminer ceux qui valent la peine d’être pris ou non.

 

Selon la classe d’actifs, la situation géographique et/ou le secteur, les exemples suivants de critères ESG peuvent être déterminants pour un investissement :

 

 

Les commentaires, opinions et analyses du Dr Mobius sont présentés uniquement à des fins d’information et ne doivent pas être interprétés comme des conseils d’investissement individuels ou une recommandation visant un titre ou une stratégie d’investissement particulière. Les conditions économiques et de marché étant susceptibles d’évoluer rapidement, les commentaires, opinions et analyses sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Ce document ne constitue pas une analyse complète des faits relatifs aux divers pays, régions, marchés, secteurs, investissements ou stratégies cités.

 

Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. Les valeurs mobilières étrangères comportent des risques spécifiques, comme les fluctuations de change et les incertitudes économiques et politiques. Investir dans les marchés émergents, y compris dans la sous-catégorie des marchés frontières, implique des risques accrus concernant ces mêmes facteurs, lesquels s’ajoutent aux risques liés à leur plus petite taille, à leur liquidité inférieure et à l’absence d’un cadre juridique, politique, commercial et social établi pour soutenir les marchés boursiers. Puisque ces cadres sont généralement bien moins répandus sur les marchés frontières, et en raison de différents facteurs, notamment le risque accru de volatilité extrême des cours, d’absence de liquidité, de barrières commerciales et de contrôles sur les taux de change, les risques associés aux marchés émergents sont amplifiés sur les marchés frontières.

 

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